Marathon de Barcelone

Découverte faite ce 11 mars 2018 du parcours du marathon de Barcelone, vraiment sympa, avec toutefois quelques petits passages taquins, parfois un bon vent de face, et surtout de loooongs faux-plats, histoire de tester le mental des athlètes... Marathon de Barcelone, la crème catalane des marathons à faire au mental (non, non, ne cherchez pas de contrepèterie).

jeudi 15 mars 2018, par Denis

Barcelone, en dehors de Gaudi, de la casa Battlo, de la Sagrada Familia, du FB Barcelone, et des Remblas... Y’a quoi ? Rien de mieux que de découvrir Barcelone par le parcours du marathon. Une jolie balade dans cette ville, la ligne bleue tracée sur le bitume passant devant tous les points touristiques de la citée, de ses quartiers médiévaux, jusqu’aux plus modernes. Seul le quartier équipé pour les derniers jeux olympiques de 1992 sur la colline de Montjuic sont délaissés, trop de dénivelé pour ces pauvres arpenteurs des rues que nous sommes... Les organisateurs ont eu pitié de nous. Un marathon qui reste pour le moins costaud...

Tapas & pinchos ou röstis & bratwurst ?

Mais est-on vraiment bien à Barcelone ? Courir le marathon de Barcelone, c’est avoir l’impression de courir celui de Zurich avec comme sponsor la CaixaBank. Le nom du sponsor, cet assureur Zurichois, est présent absolument partout... On se croirait à Zurich, tout est en bleu et blanc, alors que les couleurs de la ville donnent plutôt habituellement dans le jaune, en faveur de Puigdemont, et le rouge, mais bon... Business is business.

Arriver fatigué à Barcelone, c’est la certitude d’en repartir épuisé

L’avantage de suivre El Tocardo dans ses aventures de courses à pied, c’est qu’au moins vous pouvez faire exactement l’inverse pour vous éviter quelques désagréments. Ainsi, évitez donc de courir un semi-marathon en battant votre record perso une semaine avant votre marathon. M’étant contraint de courir aux sensations au Semi de Paris, histoire de faire juste cet entrainement planifié dans mon plan, je fus fort dépourvu quand l’arrivée fut venue... Et mon chrono apparu : 1h23m50sec... Soit près d’une minute de moins que mon record perso. C’est ballot. Cette course, une semaine avant un marathon n’a rien de traumatisante, en dessous d’1h30 d’effort le corps récupère très vite, mais en cas de coup de moins bien sur le marathon, cela pourrait vous éviter de vous fournir un argument pour justifier votre fatigue.

18 bornes à pinces la veille d’un marathon, ça, c’est bon aussi ?

De même, partir la veille du marathon de très bonne heure (lever 4 heures du mat) pour aller prendre son vol n’est pas une super idée. La journée sera juste épuisante, entre le voyage en avion (certes, seulement 1h35 de vol pour Paris-Barcelone), prendre le bus AéroBus pour rejoindre Place de la Catalogne, puis l’hôtel, déposer sa valise, bourrée de chocolat aux noisettes en prévision de la récup. Il est seulement 10 heures, la chambre n’est évidemment pas encore prête. Effectuer l’aller-retour au centre Expo pour récupérer son dossard, subir la zone commerciale toujours aussi inutile pour récupérer son beau T-Shirt bleu du marathon de Barcelone... Revenir à l’hôtel, en hypoglycémie, car aucun repas sérieux (hormis un p’tit muffin ridicule) n’a été pris depuis le p’tit déj avalé en vitesse le matin... Bref, rien de bien sérieux. Direction la plage, arpenter ces grandes avenues, en marchant tranquille... Et hop sur le coup des 15 heures, avaler une paella végétarienne !

Une fois le plein de glucides fait, un repos bien mérité au soleil, avant les traditionnelles 20 min de footing pour détendre ces lourdes papattes, ankylosées par ce déplacement en avion et bien mal menées durant toute cette journée de marche lente. Au bilan du soir, entre marche et footing de mise en jambes, le compteur affichera 18 bornes. Bien, c’est sérieux la veille d’un marathon. Seul bémol au tableau, pas de sieste effectuée... Et là c’est le drame. Tellement crevé que ce tocard souhaite, en fin de journée, complément à l’ouest, avec pas moins d’un mois d’avance jour pour jour, un bon anniversaire à son père :). Passons... C’est moche de se voir sombrer ainsi.

Barcelona, des conditions de sécurité, surprenantes

Après avoir échangé avec quelques coureurs, nous nous attendions tous à trouver ici des conditions de contrôle de sécurité renforcées. Les derniers événements tragiques sur les Remblas n’ont visiblement pas traumatisé les responsables de la sécurité locale. Ou, plutôt le conflit ouvert avec les indépendantistes Catalans fait sans doute que la présence policière de Madrid doit être light... Le flux des athlètes et des supporters, se mélange invariablement, même après la dépose des consignes, surprenant. Même surprise, certaines rues restent ouvertes à la circulation, les intersections ne sont pas barrées avec des blocs de bétons, véhicules ou autres objets bloquants, comme l’on peut le constater en France.

Départ en SAS Rouge (3h->3h15)

8h35. Pan ! Départ sous les gros confettis blanc et bleu de Zurich, c’est parti ! Météo idéale pour la course à pied, pas de pluie, ciel nuageux, 16/17 degrés. Beaucoup de Français sont présents. La proximité de Barcelone avec la France, seulement 190 km. Beaucoup de jeunes athlètes au départ, c’est remarquable. Généralement, les vieux sont légion sur la distance marathon, mais autour de moi, il me semble être le plus âgé du coin. D’ailleurs certains me dévisagent gentiment, je ressens un soupçon de pitié dans leurs yeux... Le vieux, il va prendre cher aujourd’hui :)

Avec un objectif affiché autour des 3 heures, je pensais être dans le sas sous les 3 heures (jaune), mais mon dossard était au final rouge (3h -> 3h15), pas une bien grande différence. De toute façon, dès le départ, la moitié de ce sas devait finir dans les 3h30 à 4h, car en partant au rythme de 11km/h, je ne vois pas comment on peut finir le marathon en 3h15, mais bon... Je n’ai sans doute pas la bonne technique du super super split négatif. Après quelques centaines de mètres d’énervement, je finis par retrouver un groupe de coureurs convenant à mon rythme de quinqua pépère, non loin des 14.5km/h... De grandes avenues, très larges... Un revêtement de bonne qualité, tout est au top pour passer un bon moment.

Passage devant le Camp Nou tant attendu...

Je me faisais un joie de passer devant le lieu de travail de Messi. Un peu déçu tout de même de ne pas en voir plus de ce haut-lieu du foot. Le panneau publicitaire affiche déjà le prochain match FC Barcelone - Chelsea, en ligue des Champions. Ce passage devant le bureau de Messi signe également la fin de la côte pour les humbles arpenteurs de bitume que nous sommes. Le rythme s’accélère... De belles pentes s’enchaînent.

Courir aux sensations, c’est bien, sauf quand on veut quand même connaître son rythme

C’est ma petite crise de cette année, ne plus courir avec tous les paramètres instantanés sur ma montre. Je les conserve pour les entraînements, mais en course, je ne conserve que l’horloge indiquant l’heure (l’enregistrement est par contre bien enclenché, il me suffirait d’appuyer sur un bouton pour obtenir toutes les infos, mais je me l’interdit. Cherchez pas, rien de rationnel). Moins de stress... Enfin, en théorie.
Les 10 bornes ne sont plus loin. Je me force pour ne pas scruter ma montre. Je craque. Il est 9h12. Je me lance alors dans de délicieux calculs de CM2. Sachant que le départ a été donné vers 8h35, que mon groupe avance moins vite d’environ 10 secondes au kilo que la flamme 2h45 que l’on peut voir est à 450 mètres devant, que sa vitesse moyenne est de 15km/h, quelle est la vitesse moyenne d’El Tocardo ? J’ai moins de 2h30 pour trouver la réponse. Du coup, ces exercices de calculs font pointer mon attention sur autre chose, et pendant ce temps, les kilos défilent.

Un rayon de soleil traverse les nuages, le coup de chaleur est immédiat

Quelques rayons de soleil réussissent à se franchir un passage au travers de ces gros nuages. Je forgeais alors un grand espoir pour le retour des nuages. Prière exaucée. Quelques fines gouttes de pluie viendront même marquer nos visages.

Passage devant la Sagrada Familia... A fond les ballons !

La Sagrada Familia, c’est ce truc moche de l’extérieur, beau de l’intérieur, paraît-il. Le marathon passe devant (et non dedans) cette église toujours en cours de construction (fin prévue en 2026, pour le centenaire de la mort de Gaudi, cet architecte fantasque). Un sacré business, puisque ce projet est auto-financé par les tickets d’entrée des visiteurs. A cet endroit, c’est une belle pente, donc j’accélère, la visite touristique est prévue pour le lendemain. Pas le temps aujourd’hui. Mais dès le 25e, des voyants virent à l’orange, amer.

2 U-Turn, ce sont 2 de trop !

Je ne sais pas pourquoi, mais je n’aime pas les allers-retours sur les parcours d’un marathon. Ainsi, parcourir une avenue sur 2.5 km, puis revenir dans l’autre sens, j’ai vraiment l’impression que c’est fait uniquement dans le but d’atteindre les fameux 42,195 km... Car au niveau de l’intérêt pour les coureurs, c’est proche du zéro absolu. Certes, cela permet de faire coucou aux autres, de se rassurer en regardant leurs états, se dire que l’on va finalement pas si mal que cela... Mais bon, je préfère de loin découvrir de nouveaux horizons. Bref, un détail... Mais cet élément me conforte dans l’idée que j’arrive un peu dans le dur. Et ces faux-plats qui s’enchaînent commencent à m’agacer sérieusement. J’escomptais un second semi bien plus favorable. La fatigue sans doute... Je termine au mental, car depuis le 35e, les voyants sont au rouge. Mon cardio doit être à bloc, je n’ai même plus l’envie de boire aux ravitos (tous les 2,5 km !). Bref, ça sent la misère... Une seule satisfaction, je n’ai absolument pas mal aux pieds. Il faut bien se raccrocher à quelque chose.

39e : plus de son, plus d’image... Allô Roger ! ici c’est Roger

Plus de son, plus d’image. Le panneau du 39e kilo est là. Arrêt total. Je vois quelques étoiles sombres en sur-impression, comme en réalité augmentée... Je me dis que j’ai bien fait de souscrire cette assurance-vie auprès de mon CGP préféré (moi :)). Les 3 meneurs d’allure des 3 heures me passent sous le nez. Plus personne ne les suit. Ils envoient du lourd, trop rapides. Je lâche l’affaire, plus d’espoir d’être sous les 3 heures. Pas grave.

Et puis une bande d’énergumènes m’hurlent dessus, Vamos Lapalousse !!! Vamos !!! Tout juste s’ils ne m’engueulent pas. Lapalousse... Car mon nom de famille était inscrit sur mon dossard, au lieu de mon prénom, une boulette de l’agence de voyage. Après quelques instants, je cède aux vociférations de ces autochtones et vais chercher au plus profond de moi-même, c’est à dire au niveau de l’estomac. Je pense à ces tablettes de chocolat dans ma valise, le goût de ces noisettes subtiles... Je repars. Mes jambes me brûlent, mais je décide que rien ne peut arrêter un tocard en manque de chocolat. Je passe la ligne en apnée, le cardio au max, le moral dans les chaussettes. C’est dans les moments difficiles que l’on reconnait la valeur de chacun, ce jour-là, les cours du El Tocardo étaient à la baisse...

Arrivée sans surprise, en petite cote bien pénible...

Les derniers kilomètres d’un marathon sont souvent délicats. A Barcelone les deux derniers sont largement défavorables, mais pas de surprise, lors du retrait du dossard, on ne peut pas louper cette vision...

Dénivelé marathon de Barcelone, 196m D+

Dénivelé marathon de Barcelone Rien d’impressionnant, mais ma montre affiche 196m D+. Pas mal pour un marathon. Pas le plus délicat du circuit, je vais courir San Francisco en juillet, je vais bien me marrer... Mais toutefois un dénivelé suffisant pour faire voler en éclat les tentatives de records persos. D’ailleurs le meilleur Kenyan ne fera que 2h08m50sec, un temps bien moyen pour un avion de chasse... Les faux-plats, vent de face, quand vous avez les oreilles décollées comme moi, c’est pas fastoche la brioche ! À éviter pour une prise maximale de plaisir, bien penser de se coller les oreilles avec du sparadrap :) Côté appendice nasal, comme je suis également bien assorti, c’est moins traumatisant, mais un vent de travers arrive tout de même à me faire dévier de ma trajectoire. L’appui aérodynamique de mes oreilles corrige alors l’assiette... Piloter un El Tocardo n’est pas donné à tous, fort heureusement.

Et côté ambiance ? Bien !

L’on peut souvent lire que le marathon de Barcelone est réputé pour son ambiance. C’est certes plaisant, mais ce n’est pas non plus une ambiance de vraie folie. Rien à voir avec les marathons américains, ni même que celui de Londres. A Londres, tu t’arrêtes au 39e kilo, les hurlements des supporters sont tels que tu repars uniquement à cause de la douleur aiguë de tes tympans. Aux USA, tu ne t’arrêtes pas au 39e. Un type bodybuildé, 80kg à chaque bras, viendra à ta hauteur pour te dire qu’être un héro pour son pays, c’est finir ce que tu as commencé, Get this shit done ! Par instinct de survie, tu repartira encore plus vite.
Mais certes, c’est bien mieux que celui de Berlin :) Je n’ai pas compté les groupes musicaux, essentiellement des percussions...

Côté performances, ça donne quoi ?

Et bien côté du tocardo, pas mal, sur Strava, il a a battu son record sur 30km, en 2h02 (mais je n’y crois pas trop, Strava est toujours très optimiste sur ses calculs...). Pas mal pour un vieux. Mon temps de référence était de 2h05 au 30e pour avoir un espoir d’accrocher un temps sub 3 heures. Mais ces deux données ne sont pas comparables, Strava indique la perf dans l’absolue (c’est peut-être du 7e au 37e km..), alors que mon temps de réf est basé uniquement sur les 30 premiers kilos du marathon.

Marathon de Barcelone 2018 bouclé en 3h01min et 7 secondes, pas de regrets ?

Nan ! C’est la traditionnelle question que l’on pose aux coureurs terminant peu ou proue à une poignée de seconde d’une heure "juste", 3h00, 3h30, etc. 4h00 ou 5h00. La réponse est évidemment que l’on serait un soupçon plus satisfait si la barrière psychologique de cette barrière horaire était levée, mais aucun regret. 1 minute, c’est peu ou proue 300m d’écart... Il suffisait de courir un peu plus vite en début de course et le tour aurait été joué. S’il fallait avoir un regret, ce serait le mien : ne pas être parti plus vite sur le 1er semi (1h27), je comptais véritablement sur une seconde partie de parcours sans autant de faux-plats... Erreur.

Après analyse des données télémétriques (bien fait, c’est l’inconvénient de ne pas courir avec son chrono), je boucle les 40km en 2h 50min et je me promène les deux derniers kilos pour mettre 11 minutes ! Un vrai tocard !

Comme j’avais vu les ballons 3h me dépasser au 39e, je m’étais dit que cela ne servait plus à rien de produire de l’acide lactique pour rien... Bilan, au final, j’ai quand même bien les jambes bourrées d’acides, et je termine à seulement 67 secondes des 3 heures. Bref, quand on est un tocard, on reste un tocard. CQFD.

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