Marathon de Marne et Gondoire, du dénivelé en plus, le chrono en moins

Ce dimanche 4 juin 2017, se courait le marathon de Marne & Gondoire, dont le départ est situé dans le parc de Rentilly (77 - Seine et Marne). Un marathon peu connu, mais qui mériterait largement de l’être, tellement il est atypique.

jeudi 15 juin 2017, par Denis

Ne venez pas ici pour faire un chrono sur marathon ! Le dernier qui a essayé sèche encore dans une côte du parcours...

Marathon de Marne & Gondoire

Organisé par MEGA (Marne & Gondoire Athlétisme), ce marathon est hors norme. A plus d’un titre. Non seulement son parcours est pour le moins surprenant, entre chemins, monotraces en sous-bois et route, mais il cumule aussi toutes les formes d’équipages possibles : en solo évidemment, mais aussi en run & bike et en équipe, jusqu’à 19 relayeurs ! De quoi faire !

Un tout nouveau parcours 2017, tip, top !

Avec les nouvelles contraintes imposées par toutes les Préfectures de France et de Navarre (pour la sécurité...), il est encore moins facile d’organiser la moindre épreuve sportive. Les organisateurs du marathon de Marne & Gondoire ont préféré prendre les devants, et souhaitant éviter un potentiel refus d’autorisation de la course, ont repensé le parcours. Cap sur les chemins, et minimisation des passages sur les axes routiers. Bilan, ça passe ! Et hormis quelques passages sur route vers la fin de parcours (remontée par la route au travers de lotissements), peu agréables, ce parcours est un véritable régal !

Du dénivelé en plus, en plus, en plus...

Ok, ok. Tu te dis, le mec écrit que le tout nouveau parcours est tip top, donc ça doit être fastoche la brioche. Et là tu te plantes mon gars. Ce marathon est un peu taquin pour les ischios, avec un peu plus de 400m de D+, il n’a certes rien d’un trail qui se respecte, mais reste néanmoins suffisamment exigeant pour calmer les plus enthousiastes de la vitesse.

Oublie donc ton chrono sur ce marathon, profite de la nature... Et découvre-toi des muscles dont tu ignores encore l’existence. Nous ne sommes pas dans les Alpes, la région Seine et Marnaise n’est pas franchement réputée pour son relief, et pourtant ce parcours semble sortir tout droit d’un conte de fée. Entre grimpettes dans la forêt, traversée de ligne de chemin de fer désaffectée, champs de chanvre, chemins piétons improbables en plein milieux de champs de maïs et quais de la Marne, vos yeux ne vont pas en revenir.

Hein ? Des champs de chanvre, du cannabis ?

Ce serait donc le secret d’une telle participation à cette course ? Le passage dans des champs de cannabis, le long de la Marne ? Nan ! Il s’agit bien des mêmes feuilles, mais pas vraiment la même variété que celle tu apprécies à juste mesure, sans en abuser. J’ai essayé ces plants, vers le 20eme km, peu d’effet. Déjà je ne peux pas fumer en courant, alors j’ai simplement mâché les feuilles. Ben non, pas d’effet. Ou du moins d’effets escomptés. Hormis un puissant effet laxatif :) Ceux qui me suivaient s’en souviennent encore ! Quand on n’est pas en jambes, faut bien trouver des parades pour rester devant... C’est moche, mais ça marche !

Blague à part, les champs de chanvre cultivés le long du parcours ne sont pas du cannabis. C’est une variété cousine de l’herbe sacrée dont le taux de THC est inférieur à 0.20%, du chanvre industriel, utilisé pour l’isolation ou le textile ! Il te faudrait fumer 100m2 des fleurs de ce champs pour courir plus vite et sans douleur... Alors oublie.

De la bonne humeur partout, et sans fumer !

Mais ce qui caractérise le plus ce marathon, c’est sans doute sans bonne humeur omniprésente. Chaque année un thème est choisi, en 2017, c’était sorcellerie et magie noire. Cette course n’a donc rien à voir avec les marathons usines, tel que celui de Paris. Ici, tout est fait pour s’amuser, le parcours, les ravitos, les déguisements, les bénévoles, tout le monde est sympa, même les coureurs :)

Denis au pays des sorcières, ça donne quoi ?

Dix années de courses à pied aux quatre coins de la planète (mais elle n’est pas ronde la planète ?), sans jamais avoir couru le marathon proposé à 6 km de chez soi... Faut le faire.

Cette année, c’était l’occasion ou jamais. Je n’avais jamais couru le marathon de Marne & Gondoire. Ma seule connaissance était une courte participation à un relais, d’une dizaine de kilomètres, rien de bien sérieux.

Mon expérience de Marne & Gondoire

- Couru en Juin 2017, première participation
- Mon chrono : 3h11m
- Classement : 8e au général, 2e Master 2,
- Parcours : éprouvant !
- Ambiance/animation : Top, super ambiance, cool, déguisements, champs de chanvre, pas de prise de tête, bénévoles super sympas.
- A recommander : ++++.

Top départ !

Le départ est donné dans le majestueux parc de Rentilly, lui seul vaut le détour. En légère côte, le premier kilo permet au tocard que je suis de faire mon échauffement. Ne jamais s’échauffer avant un marathon, cela porte la poisse. Après ce 1er kilo fait à une allure d’escargot, les jambes commencent à répondre. Compte-tenu de la météo du jour, ensoleillée, mais pas trop chaud, je décide de soutenir un rythme élevé, histoire de ne pas pouvoir le regretter, quand sur le coup de midi, j’aurai trop chaud. Du coup, les kilos s’enchaînent, proches d’une moyenne à 15km/h.

- 5 km

La côte de la boucherie, rien que le nom fait peut aux athlètes les plus valeureux... Arrivée du premier raidillon : la côte de la boucherie. C’est son nom. Non pas que les athlètes finissent dans un bain de sang d’un dénivelé insurmontable, mais de la présence d’un ancien commerce de viande en haut de cette pente. Te voilà rassuré. Une pente tout de même bien taquine. Le cardio est déjà bien élevé, cela promet pour la suite.

- 10 km

Le premier 10 est bouclé en plus de 42 minutes, autant dire comme à l’entrainement. Une allure du dimanche matin, lendemain de fiesta. Pas grave, l’essentiel est bien de participer. C’est bien à cela que l’on voit que pour faire un chrono sur ce parcours, faut vraiment faire fumer ses runnings...

- Semi

Le 1er semi bouclé en 1h30. Une allure de sénateur, mais le parcours ne me permet pas vraiment de faire mieux. Après une grimpette dans la forêt, en marchant, nous suivons du mono trace, en pente, puis un chemin. Le fléchage laisse parfois à désirer. Le petit groupe de 3 personnes que nous formons s’arrête de courir en bas d’une pente, nous avons perdu les traces du balisage. C’est un peu l’angoisse de ne pas courir sur le bon parcours, mais au loin (à seulement 500m, un peu miro que nous sommes...), nous voyons des coureurs et un vélo, ce doit être par là quand même. Plus de peur que de mal, nous continuons... Et sommes bien sur le bon tracé.

- 30 km

Les jambes sont toujours là. Un marathon ne commence qu’au 32eme kilo. Justement, ce kilo arrive, je me sens bien. Juste un peu de fatigue, mais rien de bien grave. Je pense surtout à bien m’hydrater. Le plus dur arrive.

- 35 km

C’est l’endroit du parcours le moins sympa, et au plus mauvais moment. Une remontée de Lagny sur Marne, sur une route en forte pente, on dirait que c’est fait exprès. Après avoir longé les quais de la Marne, on se retrouve dans des lotissements, à courir sur de la route avec des dos d’ânes... Et pas un chat. Vivement que l’on rejoigne la zone du parc de Rentilly, cela devient un peu long cette partie. Arrivé à Conches, je reconnais les lieux et peux imaginer la fin du parcours. Fatigué je suis.

- 40eme km

Le temps de la gestion est venue. Epuisé, de façon assez légitime, je termine cette course au ralenti, en footing (12km/h max). Je regarde derrière moi, personne. Au plutôt une silhouette au loin, bon, pas de quoi paniquer...

- 41eme km, le passage de Bip Bip le road runner...

La silhouette au loin a bien grandie, puisqu’elle n’est plus qu’à quelques centaines de mètres de moi, genre 300 ou 400 m. Il faudrait que je me réveille un peu... Trop tard !

A la dernière petite côte, 500 mètres avant l’arrivée, je me retourne, il est là ! Patrick, ce master 2 infatigable. Nos regards se croisent, nous comprenons tous deux la situation. Je lui demande tout de même : "Nous sommes dans la même catégorie ?" (Avec mes cheveux blancs, on ne me prend plus trop souvent pour un sénior...). Il me répond : "Oui !" Bingo. Il me dépasse facilement. Il reste une descente avant l’arrivée. Je regarde mes jambes, 500 m de sprint ? Nan, il a l’air bien trop facile et je suis aux abonnés absents. Je lâche l’affaire.

- Arrivée !

En 3h11m, la boucle est bouclée. Patrick, m’avouera qu’il m’avait en ligne de mire depuis quelques kilos. C’est une pointure, 2h42m au marathon route, respect ! Il souhaite passer sous les 2h40m l’an prochain. Inscrit pour le CF des 100km, il devrait être sous les 8 heures. La logique sportive est respectée, il termine 1er master 2, je prends la deuxième place. Mon premier podium sur un marathon. Plus facile à faire ici qu’à Paris :)

Podium avec Patrick, bip bip le road runner infatigable, bravo à lui !

Elisa, un podium à la clé, tout en filmant sa course, pas mal !

Le parcours et la course d’Elisa, une vidéo sympa, pour avoir un petit goût de découverte de cette course. Pour celles et ceux qui pensent faire du negative split sur ce marathon, marchez donc les 10 premiers km :)

Merci à l’organisation et aux bénévoles !

Une super course, une journée festive, avec des spectacles toute la journée, c’est vraiment top ! Il est vraiment difficile de mobiliser autant de bénévoles (plus de 200) pour organiser cette course, de plus aussi sympathiques. Je ne sais pas, ils doivent leur faire passer des entretiens pour les sélectionner... Ou les doper au chanvre, mais dans tous les cas, une super journée passée dans ce parc magnifique de Rentilly. Alors si vous pensiez avoir couru le plus beau marathon du monde en faisant celui de Paris, à 32km de là, le marathon de Marne et Gondoire vous attend, le plus atypique est sans doute ici.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.