Ultra-Marin 2022 : 175 km © Tocardo

Ultra-Marin 2022 : 175 km, golfe du Morbihan, plein les yeux et plein les pattes

Golfe du Morbihan : Tocardo en a fait le tour en 22 heures et 16 minutes, 175km, une belle vadrouille, avec une 7e compagnie au clair de lune.

Publié le , mis à jour le

Golfe du Morbihan : 3e plus belle baie du monde

Et oui, la France est un si beau pays. La baie du Morbihan est classĂ©e comme Ă©tant la troisiĂšme plus belle baie du monde, aprĂšs celle de la Baie d’Halong et la baie de San Francisco. Bon ok, tout dĂ©pend du classement, car si vous cherchez un peu sur la toile, vous verrez qu’il existe autant de classement que de baies remarquables dans le monde :). Mais tout le monde est ok sur un point : ce golfe du Morbihan est vraiment beau.

Une prépa aux petits oignons...

Un ultra, ce n’est pas un semi-marathon que l’on dĂ©cide de courir sur un coup de tĂȘte. Pour un ultra, il faut se prĂ©parer. Alors un plan d’entraĂźnement aux petits oignions spĂ©cial ultra est nĂ©cessaire. Nan, les oignons, faut pas trop en manger, cela ballonne le bidon. Mais Tocardo avait participĂ© Ă  l’entrainement d’un groupe de warriors pour affronter cet ultra, trĂšs roulant. Des conditions donc particuliĂšres, car peu de cotes pour se reposer. Il faut trottiner Ă  outrance pour arriver dans les dĂ©lais.

Vidéo YouTube Ultra-Marin 2022 du Tocard

Si tu n’as pas envie un texte de plus de 10 phrases, cette vidĂ©o te permettra au moins de voir ces beaux paysages, le reste c’est un peu du blabla...

Retrait du dossard

ArrivĂ© jeudi sur Vannes, la premiĂšre mission est donc de rĂ©cupĂ©rer dossard, bracelet et sac pour la base vie. La chose se passe rapidement sur le lieu du village de la course. Au dĂ©part, l’on me dit que le numĂ©ro de dossard que je donne (133) n’existe pas... Mais aprĂšs avoir demandĂ© auprĂšs d’une responsable, elle va me chercher mon dossard elle-mĂȘme. Le bĂ©nĂ©vole qui s’Ă©tait occupĂ© de moi ne savait pas que certains numĂ©ros Ă©taient Ă  disposition de l’autre cĂŽtĂ© de la zone. Rien de grave.

Retrait du dossard
Tocardo

Une tocardise... Pour bien débuter

Cela faisait 2 semaines que j’avais prĂ©parĂ© mes affaires pour cette course. Mais n’est pas Tocard qui veut. Tocardo en partant de son bureau le jeudi en fin de matinĂ©e a Ă©videmment oublier de prendre son sac de rechange, avec toutes ses fringues et ses affaires de toilette. Il s’est aperçu de son oubli qu’en arrivant Ă  l’hĂŽtel Kyriad Ă  Vannes. Et encore, seulement au moment de se brosser les dents le soir ! Mais oĂč est donc ma trousse de toilette... Merdum. Je me dis alors, pas grave. Demain matin, j’aurai le temps d’aller en acheter une. Et puis la liste des Ă©lĂ©ments manquants dĂ©filent dans mon esprit : mais pour la base vie, je n’ai pas de change ? Et bien non, pas de t-shirt de rechange, pas de chaussettes, rien quoi... Gloups. Pas trop sympa, surtout quand on fait des vidĂ©os pour montrer comment on peut se prĂ©parer Ă  ce genre d’Ă©preuve :) Mais bon. Je vĂ©rifie tout de mĂȘme que j’ai bien un short pour courir, sinon je serai condamnĂ© Ă  courir en boxer (j’en aurai qu’un seul pour tout le we, hĂ©, non ! Ce n’est pas pire que l’odeur de moule que l’on a eu Ă  marĂ©e basse durant toute la course...). Evidemment pas de crĂšme Nonok non plus, bref, la totale. Le vendredi matin je passe donc Ă  une pharmacie afin d’acquĂ©rir ce que j’ai dĂ©jĂ  en triple chez moi, Ă  savoir un kit de brosse Ă  dent de voyage, de la crĂšme nonok et le fameux strap de 6 cm de large rĂ©glementaire. Ouf. Et bonne surprise, dans le coffre de ma voiture, je tombe sur une vieille paire de chaussettes Ă  la retraite... Relativement propres. Elles serviront donc de rechange Ă  la base vie, yes ! Pour le short et le t-shirt, pas grave je ferai avec, le top Ă©tant de changer de paire de pompes, et celles-ci, je les avais bien.

Préparation du sac de délestage

Le sac donnĂ© est un sac poubelle d’une 50aine de litres, mais trĂšs fin. Si tu as quelque chose de lourd de prĂ©vu pour la base vie, il serait donc bien de prĂ©voir un sac poubelle de rechange, car sinon, le sac donnĂ© par l’orga pourrait bien se dĂ©chirer facilement.

Jour de la course, dépose des sacs

Tu dois aller dĂ©poser tes sacs au collĂšge (cf plan, c’est assez bien flĂ©chĂ© Ă  partir du village, environ 400m). Ton sac de consigne pour l’arrivĂ©e, mais surtout ton sac pour la base vie (km 85). Ton sac sera Ă  dĂ©poser dans un rac correspondant Ă  la tranche de ton n° de dossard.

Départ...

Hola avant le départ
Tocardo

AprĂšs 5 minutes de retard, le dĂ©part de la course est donnĂ©. Nous, Augustin un ami du club et JB, le frĂšre d’une amie de sa femme (si j’ai bien tout compris), partons direction Vannes centre-ville, et le traditionnel demi-tour de prĂ©sentation au public est effectuĂ©, pour repartir dans la bonne direction. L’ambiance est chaude sur pas moins de 500 mĂštres, le public est nombreux. Et puis... C’est rĂ©ellement parti. Les premiers kilos se passent tranquillement, je tente de ne pas aller trop vite. Je suis mes compagnons d’aventure, Augustin et JB. Pour l’instant tout va bien, heureusement :) Nous partons sur un rythme de 12km/h environ... De mon cĂŽtĂ© je prĂ©fĂšre courir aux sensations, et suis trĂšs irrĂ©gulier dans mes allures. Par la suite de la course, je ne regarde ni les allures, ni les km parcourus, de peur de me dĂ©courager dans le nombre effrayant de km restant Ă  parcourir. Mon objectif est de rejoindre la zone de Zodiac, puis la base vie. AprĂšs je dĂ©ciderai de mon sort.

Les kilos défilent

Avec cette belle lumiĂšre du soir, les beaux paysages dĂ©filent. On en profite pour en faire plein les yeux, car bientĂŽt la nuit va approcher, mais avant ce sera encore un petit bain de pieds. Parfois, le parcours n’est pas trĂšs large, il faut donc toujours veiller Ă  l’endroit oĂč l’on pose ses petits pieds (pointure 46 pour moi).

Parcours parfois peu large
Tocardo

Papattes mouillées

Il faut se mouiller les pieds !
Tocardo

Et voilĂ  le premier passage redoutĂ©, le bain de pieds. Je prends Ă©videmment l’option de ne pas retirer mes chaussures et chaussettes. Je relĂšve seulement mes manchons de mollets afin de ne pas les tremper. Je pense aux poissons qui vont se prendre un flot continu de crĂšme anti-frottement dans leurs lieux d’habitats, mais bon...

Les barriĂšres

Les barriĂšres... Qui les a comptĂ© ? Nan, pas les barriĂšres horaires, les barriĂšres placĂ©es au dĂ©but et Ă  la fin des chemins piĂ©tons... Mais qui a eu une telle idĂ©e ? Elles sont un peu hautes pour sauter par dessus. J’ai bien essayĂ© au dĂ©but (mĂȘme pas vrai...), mais bon. Ces barriĂšres sont des petits couteaux lancĂ©s dans les papattes. Il faut ralentir, passer la barriĂšre, puis relancer la machine. My God...

Tocardo

Ravitos et supporters

Les ravitos sont bien achalandĂ©s, mĂȘme si pour le tocard difficile que je suis, je ne suis pas preneur des chips, du saucisson et autres carrĂ©s de chocolat. Mais il s’agit bien du chocolat noir. Quartiers d’oranges, morceaux de bananes viennent agrĂ©menter le festin des ultra-trailers. Du cĂŽtĂ© des boissons, ce sera de la St Yorre et du Breizh Cola. Si la St Yorre passe bien, l’ersatz de Coca-Cola local a plus de mal Ă  passer. Mais c’est top. À chaque ravito, je sors mon petit gobelet et m’envoie 2 verres de St Yorre et 1 verre du Cola local. Mon estomac me renvoie un petit son trĂšs festif, trĂšs classe, quelques minutes aprĂšs, histoire de dire que ce liquide a bien Ă©tĂ© reçu et est en cours de traitement. Tout va bien.

Des supporters au taquet !
Tocardo

CĂŽtĂ© supporters, l’ambiance est bonne, et le nombre de personnes est plus Ă©levĂ© auquel je m’attendais. Ici, le mot "courage" est largement utilisĂ©. Je rĂ©ponds souvent merci, mĂȘme ne sachant pas si c’est bien ainsi qu’il faut rĂ©pondre. Dans ma rĂ©gion, l’on n’apprĂ©cie pas vraiment le souhait de "bon courage", qui induit que cela va ĂȘtre difficile. Je prĂ©fĂšre largement un "bonne course", "allez champion" et autres quolibets que l’on me lance parfois "vas-y le vieux !", ou parfois les enfants se retournant vers leurs parents, "maman, pourquoi le vieux monsieur il a l’air tout fatiguĂ© comme ça...". Mais tout est bien.

Le soleil se couche et c’est beau...

Tocardo

LancĂ©s Ă  18h05 sur ce parcours, les athlĂštes arrivent vers 22 heures Ă  une vue magnifique sur le golfe. C’est beau, le soleil se couche et c’est beau, selon la cĂ©lĂšbre phrase de Coluche. J’y pense... Car effectivement, les paysages sont magnifiques, mais nous ne sommes pas en mode contemplatif... Notre but est de finir cette aventure.

Le soleil se couche, et c’est beau !
Tocardo

La nuit arrive...

Allez, il faut mettre la frontale, car les racines commencent Ă  courir un peu partout et Tocardo ne voit plus rien. J’aime bien la nuit, car l’on reste concentrĂ© sur les 3 mĂštres devant soi. Le moindre Ă©cart et c’est une faute assurĂ©e.

C’est encore loin ce Zodiac ?

C’Ă©tait mon premier objectif, atteindre le zodiac. Ce n’est pas la mi-course, mais au moins vivre cet Ă©pisode. Si je devais abandonner, au moins j’aurais vĂ©cu ce moment-lĂ . La nuit est fraĂźche, je commence mĂȘme Ă  avoir froid, mĂȘme en courant. Pas bon signe. Je sais que j’ai encore ma veste de pluie rĂ©glementaire dans mon sac Ă  dos, mais bon, aprĂšs j’aurai sans doute trop chaud avec, jamais satisfait ce Tocardo ! JB commence Ă  avoir vraiment mal du cĂŽtĂ© du genou, et Augustin signe une premiĂšre chute, histoire d’affuter son genou. Bizarrement, Tocardo ne chute pas. Bref, aprĂšs quelques heures Ă  cogiter sur le bien fondĂ© de placer des barriĂšres sur les sentiers cotiers (faut bien s’occuper l’esprit...), nous arrivons enfin Ă  la zone zodiac. Ouf !

Copie écran trace Strava / Ultra-Marin 2022
Tocardo

Sous le signe du Zodiac...

Comment faire naviguer 1500 coureurs au travers de l’embouchure du Golfe du Morbihan avec une dizaine de zodiacs... Qui plus est Ă  marĂ©e basse, dans la nuit noire, avec des parcs Ă  huĂźtres fichĂ©s au plein milieux du chenal. C’est l’exploit rĂ©alisĂ© par ces bĂ©nĂ©voles, connaisseurs du coin. CĂŽtĂ© Tocardo, Ă©quipĂ© comme Ă  la fashion week (veste de pluie + pancho + gilet de sauvetage), avec ses collĂšgues de traversĂ©e, nous devons nous asseoir sur le sol du zodiac, et non pas sur les boudins (si les termes ne sont pas les bons, tu comprends sans doute ce que je souhaite indiquer...). Avec des jambes qui tiraillent, cela veut dire crampes dans moins de 3 minutes, pensais-je... Je dĂ©cide alors de ne pas m’assoir complĂ©tement, car en plus, le sol est mouillĂ©... Et les fesses humides, comme je sais que je n’aurai pas de change Ă  la base vie, car mon change est Ă  480km d’ici... je dĂ©cide de tenir en squats. Ouais, je sais. Je vais donc effectivement tenir 2min30secondes environ avant de m’Ă©crouler le derriĂšre dans l’eau, sous des douleurs que tous les coureurs connaissent bien. Je compte alors les dizaines de secondes de ce passage maritime qui paraĂźt durer une Ă©ternitĂ©. L’on ne voit rien ou presque. Dans la vraie vie, cela ne doit pas excĂ©der une dizaine de minutes. Nous arrivons sur l’autre rive, ouf. Je n’ai pas eu de crampes fortes ! Mais impossible de me relever. Le capitaine du navire m’avais promis de m’aider Ă  me relever, il a fait encore mieux que tenir sa promesse, il m’a carrĂ©ment relevĂ©. La bonne surprise Ă©tant que je n’ai pas eu froid durant la traversĂ©e, alors que je redoutais un gel de mon corps d’Appolon. Finalement, les fesses humides me conviennent, faudra que j’essaie au boulot, pensais-je.

Base vie, oĂč es-tu ?

AprĂšs la descente du Zodiac, le chrono repart, on rend le gilet de sauvetage, on vire le pancho Ă  la poubelle et hop hop, on marche... Car cela tiraille grave dans les jambes. Et puis course folle, Ă  prĂšs de 8km/h ! Il faut 5 bornes pour arriver Ă  la base vie. Et lĂ , le faut d’avoir lu trop de commentaires sur la course influence notre comportement. Certains trouvaient ces 5 km terribles aprĂšs le Zodiac, perso, j’avais trop hĂąte d’arriver Ă  la base vie, manger du chaud, me nettoyer les pieds, et recharger ma montre. Je me suis une liste des tĂąches Ă  faire Ă  la base vie, car dans ce type d’aventure, Ă  4 heures du matin, quand tu es rincĂ©, ce n’est pas le moment de rĂ©flĂ©chir, tu ne peux plus, tu es dĂ©jĂ  en mode survie.

Coucou des parents d’Augustin...

Sur le chemin, un coucou de la nuit, des parents d’Augustin, qui n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  sacrifier leur sommeil pour venir saluer leur fils prodigue. La nuit est bien noire, mais cela fait plaisir de voir que des personnes attendent Ă  4 heures du mat le long du parcours. Bravo.

Base Vie, enfin...

Ouf. Base Vie. SauvĂ© ! PremiĂšre des choses, rĂ©cupĂ©rer son sac de change. Done. Le hic est que j’ai du faire un nƓud Ă  la noix sur ce sac poubelle, et impossible de le dĂ©faire. Punaise, mais quel tocard je suis. Au bout de 5 minutes de tentatives infructueuses, arrachage du sac poubelle, fort heureusement, il est fin, donc succĂšs. Du coup, je n’ai pas mon second sac pour la fin de course (je l’ai oubliĂ© chez moi :)), comme je l’avais imaginĂ©, mais toute une farandole d’affaires pas forcĂ©ment adĂ©quates, mais j’ai bien ma TO DO List :

  1. Brancher la montre sur la batterie USB
  2. Se changer pour ne pas avoir froid, rapide, car du coup, je n’ai pas de change, j’en profite tout de mĂȘme pour me sĂ©cher, et passer un haut sec (celui que je portais en arrivant Ă  Vannes). Je nettoie bien mes petits pieds et ne constate aucun dĂ©faut supplĂ©mentaire Ă  d’habitude, 3 ongles qui sont appelĂ©s Ă  partir, et sans doute 2 ampoules, rien quoi.
  3. Baffrer. Passons donc aux rĂ©jouissances... À la bouffe ! Et lĂ , moyen moins, y’Ă  pas de coquillettes... snif, mais de la purĂ©e et du riz. Bon ok, je me laisse tenter par les deux, et bonne surprise, cela passe bien. Je retourne mĂȘme en prendre une seconde fois. CĂŽtĂ© dessert, je mise tout sur une compote. Il y a bien des crĂȘpes, mais elles ont, selon, un petit goĂ»t de carton. Donc je passe sur ce plat local.
  4. Se brosser les dents, mais bon...

Augustin commence Ă  s’impatienter, cela fait 35 minutes que je bricole dans mon tas d’affaires, je range... Je me serais bien brossĂ© les dents, cela fait un bien fou, mais bon, lĂ  ce n’est pas pratique, pas grave. JB malheureusement va rester lĂ , sa douleur au genou est trop forte. Nous repartons donc seulement Ă  2.

Dans le dur de chez dur...

LĂ  cela commence Ă  ĂȘtre difficile, on trottine, mais le cƓur n’y est plus vraiment. Augustin a mal au genou et une seconde chute sur le mĂȘme genou ne rassure personne. Nous marchons plus longuement, mais je sens que la marche me fait mal aux jambes, le lactate monte dans mes gambettes, je prĂ©fĂšre trottiner comme un p’tit vieux que je suis. MĂȘme pas du footing, un genre de marche rapide Ă  foulĂ©e rĂ©duite. Bref, l’Ă©conomie de chez Ă©conomie. Le moral d’Augustin part au plus bas, et le fait de savoir qu’il a une solution de repli sur place (ses parents habitent pas loin) n’aide pas selon moi. AprĂšs quelques tentatives, Augustin m’indique qu’il va tenter de redresser la barre, il faut attendre que la machine ne se relance. Pour ma part, c’est dĂ©licat, mais je me sent mieux Ă  trottiner que de marcher. Je pars donc devant, en espĂ©rant le retrouver au ravito suivant, je pense qu’un bon gel au cafĂ© va le relancer. Je ne regarde jamais le kilomĂ©trage afin de ne pas perdre totalement le moral, en revanche, j’effectue un dĂ©compte jusqu’au prochain ravito. Par ailleurs, j’ai oubliĂ© de stopper ma montre durant le zodiac, dont ma lecture des km est dĂ©calĂ©e par rapport au parcours.

Cote Atlantique, du bien !

Maindru

AprĂšs quelques chemins, des plages, du sable, voici la cote atlantique ! Et je dois dire que je suis content que le paysage change enfin ! MĂȘme si la baie est magnifique, avoir un horizon davantage dĂ©gagĂ© me fait du bien. Sur cette partie, c’est une alternance de cotes, cela me plaĂźt Ă©galement car je me repose durant les montĂ©es et trottine durant les descentes.

1400 m de D+, faut bien les trouver ...
Tocardo

Au total, le parcours fait prĂšs de 1400 m de D+, donc il faut bien les trouver quelque part.

TraversĂ©e d’un troupeau de vaches

Au long du parcours, un Ă©vĂ©nement inattendu ! Un troupeau de vaches croise le parcours. Le fermier prĂ©sent m’indique que je peux traverser sans attendre. Je lui fais confiance, mĂȘme si j’ai quelques craintes de me faire encorner. Mais effectivement il avait raison, ces vaches sont bien sympathiques, et ont peur de moi, mais que lorsque je suis trĂšs proche, Ă  moins d’un mĂštre. Effet garanti. Cette petite distraction inattendue m’a bien plu et me rappelle que la vie est belle, et que certains travaillent, pendant que je cours futilement autour d’une grande boucle.

TraversĂ©e d’un troupeau de vaches, un grand kif !
Tocardo

La suite du parcours est largement moins sympa. C’est certes trĂšs roulant, mais c’est essentiellement des routes, pas vraiment sympa. Le soleil tape sur le bitume, et les longues lignes droites se suivent, on ne croirait sur un parcours de marathon route.

7km de l’arrivĂ©e, point d’eau

Le dernier ravito est un point d’eau et est Ă  7 bornes de l’arrivĂ©e. L’on pense que c’est gagnĂ©, mais on ne sait jamais. Un athlĂšte en relais me fĂ©licite de ma performance, sous les 24 heures en solo, c’est top me dit-il. Je n’avais pas rĂ©alisĂ© que cela pouvait ĂȘtre un objectif. Toutefois je regarde ma montre et je vois 23h12 de course, 7km Ă  faire, je ne suis pas certain d’y arriver... Au final, je ne vois plus vraiment les indications de ma montre, la fatigue sans doute, et je compte sur le temps Ă  dĂ©duire du zodiac pour finir sous les 24 heures.

ArrivĂ©e pas en vue !

Comme beaucoup d’athlĂštes l’ont indiquĂ© dans les diffĂ©rents rĂ©cits de course, l’arrivĂ©e se fait attendre. Comme le balisage n’est pas le point fort de cette course, Tocardo se demande s’il ne se serait pas gourrĂ© Ă  une une intersection. Car l’arrivĂ©e se fait vraiment attendre, on est dans la pampa... Alors que 2km restent Ă  courir... Mais d’un coup, je visualise le pont de la fin du chenal de Vannes, par la suite, ce ne sera que du bonheur. Quelques cris de victoire afin de relĂącher la pression... Pas une ambiance folle Ă  l’arrivĂ©e, et pas de speaker dĂ©diĂ© Ă  la personnalisation des arrivĂ©es... Dommage.

Maindru

Tocardo termine 42e au scratch, en 22 heures 16 minutes, 3e M4. Une performance inespĂ©rĂ©e, compte-tenu de l’Ă©tat de fatigue Ă  mi-course, comme quoi, tout est possible.

Ultra-Marin : les plus...

Le parcours ! La premiĂšre partie est phĂ©nomĂ©nale. TrĂšs belle. Dommage donc de la traverser essentiellement de nuit, mais bon, on ne peut pas tout avoir. La seconde partie du parcours est nettement moins sympa, beaucoup de routes et au final, je trouve assez peu de chemins.
L’ambiance : vraiment sympa. L’on sent que cet ultra-marin est un Ă©vĂ©nement majeur dans la rĂ©gion, tout le monde se sent concernĂ©. Les promeneurs laissent la place sur le parcours afin de ne pas gĂȘner les coureurs, cette bienveillance est vraiment agrĂ©able pour les coureurs.

Ultra-Marin : les bĂ©mols...

  • Le balisage : J’ai Ă©tĂ© surpris par le balisage, parfois plus que sommaire. Certes, le parcours suit dans sa majoritĂ© le GR34, balisĂ© blanc et rouge. Toutefois, le coureur est sensĂ© suivre le balisage de la course et non pas celui du GR. Or, Ă  plusieurs reprises, il a fallu faire des prises de risques sur le choix du parcours. Le balisage Ă©tant pour le moins succinct. Ainsi, un athlĂšte arrivant Ă  une intersection doit savoir, avec ce croisement, s’il doit aller Ă  gauche, Ă  droite, et non pas dĂ©couvrir la direction Ă  suivre une fois arrĂȘtĂ© au milieu du croisement. Par ailleurs, les confirmations de direction, par exemple, mĂ©riteraient d’ĂȘtre plus nombreuses. Il m’est arrivĂ© de faire plusieurs kilomĂštres sans en voir une seule. Certes, aucun autre chemin n’Ă©tait accessible de façon confusante, mais quand vous n’avez plus d’oxygĂšne dans le cerveau, le doute arrive rapidement.
  • La nourriture sur les ravitos : Personnellement, je suis trĂšs difficile, donc, ce bĂ©mol sera sans doute Ă  pondĂ©rer. Toutefois, je suis vĂ©gĂ©tarien (ou du moins le plus souvent possible), donc le jambon, saucisson et autres gourmandises carnĂ©es ne sont pas pour moi. En revanche, je suis preneur de pĂątes... Ma dĂ©convenue fut assez forte Ă  la base vie, lorsque de la purĂ©e et du riz m’Ă©taient proposĂ©s. Certes bons, m’enfin, les pĂątes c’est aussi simple Ă  faire. Fort heureusement, lors d’un second ravito chaud, j’ai pu avoir accĂšs Ă  des pĂątes, cela m’a fait un bien fou.
    Maindru
  • Une mĂ©daille ? Je sais, je sais... C’est futile et la tendance actuelle n’est pas Ă  la collection de babioles. Mais perso, pour un effort de ce type, j’ai besoin de contempler ce type d’objet auprĂšs de ma machine Ă  cafĂ©. Et une belle mĂ©daille, c’est un bien tangible que l’on peut montrer. Certes, nous avons eu un T-Shirt, beau, mais ce n’est pas la mĂȘme chose. Par ailleurs, la boite de gĂąteaux est certes logotĂ©e Ultra-Marin, mais j’avais eu pratiquement la mĂȘme en effectuant le 29km en marche nordique. Alors, pour une mĂ©daille, afin de ne pas froisser ceux qui n’en veulent pas, l’on pourrait nous demander Ă  l’inscription si nous en souhaitons une ou pas, quitte Ă  la payer du reste. Comme quoi, je ne suis qu’un vieux grognongnon :)

Fichier GPX parcours Ultra-marin 2022

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